« Sevelnord doit vivre », « Mobilisation générale pour gagner la bataille de Sevelnord »… a-t-on pu entendre le 29 octobre dernier à Hordain où 700 personnes – salariés, syndicalistes, élus - ont décidé de se mobiliser au sein d’un Comité de vigilance, d’initiative et d’action pour l’avenir de cette usine automobile du . Une mobilisation que les communistes considèrent essentielle et forte en symboles non seulement pour les 2800 salariés et les milliers de sous-traitants de l’entreprise, mais aussi pour toute l’industrie automobile régionale.
Au printemps dernier, la CGT révélait un projet de fermeture de plusieurs sites du groupe Peugeot (PSA) en Europe de l’ouest, dont celui d’Hordain, à l’horizon 2007. Depuis, l’annonce de 6800 suppressions d’emplois en Europe (4200 en France) a confirmé la menace. D’autant que le PDG du groupe, Philippe Varin, n’a pas caché qu’il préférait investir en Inde et au Brésil les 800 millions de « cash flow », de profits, réalisés en Europe.
L’heure est grave pour Sevelnord mais on s’interroge aussi sérieusement chez Renault. La construction d’une voiture électrique à Maubeuge ne doit pas masquer le fait qu’il n’y a pas d’embauches chez MCA. A Douai, où l’effectif est en chute libre, on constate que l’arrêt d’un des deux flux de production coïncide avec la construction d’une usine au Maroc.
En dix ans, les constructeurs français ont réduit d’un tiers leur production sur le territoire national ; la balance commerciale, excédentaire de 10 milliards d’euros en 2000, est aujourd’hui déficitaire de 3,5 milliards, principalement pour cause d’importation de voitures de marque française. Les délocalisations n’ont pas pour but de développer l’industrie dans les pays en voie de développement dans le cadre d’une coopération mais d’attiser la concurrence aux dépens des salariés exploités dans ces pays et de ceux qui sont virés en France. Les salariés français coûteraient trop cher selon le PDG de Peugeot, mais Toyota a investi pour produire la Yaris à Onnaing.
L’automobile est le symbole d’une industrie française qui fout le camp… Le gouvernement, qui avait avancé 6 milliards pour faire face à la crise de 2008, contre promesse de ne pas délocaliser, invoque encore aujourd’hui la crise et la « guerre économique », promettant tout au mieux d’accompagner la stratégie des industriels..
Or il y a de l’argent pour investir et produire en France. Globalement, ces dernières années, les actionnaires ont prélevé 220 milliards d’euros de dividendes quand les investissements des entreprises plafonnaient à 200 milliards d’euros. PSA a réalisé 10 milliards d’euros de bénéfices en 10 ans et accumulé 11 milliards de trésorerie. Ca continue : au premier semestre 2011, Renault a réalisé 1,253 milliards d’euros de profit, soit une hausse + 56,41 % par rapport au premier semestre 2010 ; Faurecia, filiale de Peugeot, enregistre 185,8 millions de profits (+ 82,5 %). Etc.
Il y a donc de l’argent et l’Etat peut prendre les décisions politiques : pour preuve ici même dans le Nord-Pas de Calais où, dans les années 1960/1970, la colère et la lutte des populations des bassins miniers et métallurgiques avait contraint les gouvernements à implanter Renault – entreprise alors nationalisée – à Douai et Maubeuge (MCA). Point de départ du développement d’une industrie automobile et d’un savoir-faire dans cette industrie dans la région.
Aujourd’hui, les communistes exigent de l’Etat qu’il prenne ses responsabilités. A plus long terme, ils proposent d’investir dans la recherche et de nouveaux outils pour consolider une filière automobile (de la tôle produite à Dunkerque à la voiture finie en passant par la recherche), l’adapter aux besoins de mobilité individuelle et familiale qu’elle permet, répondre à la crise écologique et sociale, au développement durable : C’est tout le sens du combat des communistes du Nord aux côtés des salariés et des populations des bassins industriels concernés.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire